PLar., Phædr., VIII, xx
3. C’est ce que l'on pourra contrôler en remarquant la nature des différents cas que l'on rapporte ici dans l’ordre voulu par la logique de la question. oo
4. PLAT., Alcib. I, 1v, 1, 15 v. aussi 1bid., 11, 4 et x1x, 29. Bien que
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également dans ce sens qu'il faut interpréter le témoignage de Xénophon lui-même, bien qu'il ne s’y prête pas de prime abord..A prendre Xénophon au pied de la lettre, « le signe démonique » se serait révélé par des inspirations positives aussi bien que par des défenses. « Socrate, est-il dit dans les Mémorables, conseillait à bon nombre de ses disciples ou de faire ceci, ou d'éviter cela, suivant les indications du divin. Obéissait-on à ses conseils, l’on s’en trouvait bien. Venait-on à les négliger, on avait lieu de s'en repentir!. » « Quant à toi, Socrate, réplique Euthydème dans un autre passage du même livre, les dieux semblent te traiter encore avec plus de bonté que les autres hommes; car, à ce que tu dis, tu n'as pas besoin de les interroger : 1ls t'indiquent d'avance ce que tu dois faire et ne pas faire*. » Mais l’on s’aper- ‘ çoit, lorsqu'on y regarde de près, que ces paroles ne contredisent en aucune manière les ouvrages de Platon. Si la loi « du divin » était d'intervenir toutes les fois qu'il s'agissait d'une action à éviter, il parlait encore, alors même qu il ne parlait pas : son silence était une approbation. Socrate pouvait regarder comme utile ou du moins comme permis tout ce qui ne lui était pas formellement défendu. En lui apprenant ce qu'il ne fallait pas faire, l'être surnaturel l’avertissait indirectement de ce qu’il importait de faire. Il n'y a donc pas d'opposition considéré comme apocryphe, ce dialogue est d'accord, en ce qui touche « le signe démonique », avec les ouvrages de Platon.
1. XENOPH., Mem., 1, 1, 4: xai modoïs Tov ÉvvévTuv nponyépeue Tà pèv
ROLEÏV, T& CÈ [LA HOLEÏV, WÇ TOŸ ÜRLOYIOU TPOGNLALVOVTOS. 2. Ibid., IV, 4, 12. ‘ |
réelle entre Xénophon et Platon : si le premier diffère du second, c’est uniquement parce qu'il est moins précis.
Un autre caractère du « signe démonique » était de se manifester également à propos des, grandes et des petites affaires.
C'est « le divin » qui détournait Socrate de la politique. « Peut-être vous paraïitra-t-il étrange que je coure de tous côtés donner à chacun des avis en particulier, et que
je n’aie pas le courage de me produire dans les assem-
blées du peuple, pour y donner mes conseils à la République. Ce qui m'en dissuade, Athéniens, c’est ce que vous m'avez oui dire souvent un peu partout : il m'arrive je ne sais quoi de divin et de démonique, dont Mélétus, pour plaisanter, a fait un chef d'accusation contre moi. J'entends une voix..…., et c'est elle qui m'empêche de prendre part aux affaires publiques!. » Lorsque Mélétus eut porté son accusation, Hermogène, qui entendait Socrate discourir de tout autre chose que son procès, lui dit qu'il devrait bien songer à son apologie. « Eh bien, Hermogène, répondit Socrate, je me suis mis de fait à méditer une défense que je destinais à mes juges. Mais le divin s'y est opposé. » Alors Hermogène : « Ce que tu dis là me surprend. — Pourquoi t'étonner, s'il paraît meilleur au Dieu que je quitte la vie dès maintenant ?? » Une fois condamné, Socrate fit encore appel au « signe divin » pour montrer à ses juges que leur sentence de mort ne pouvait lui causer aucun dommage. « Il m'est arrivé quelque
1. PLAT., Apol., I, xix, 14, 2. XENopu., Afem., IV, 8,5-6; Apol., 2-5.
chose d’extraordinaire, leur dit-il. Mon oracle familier, celui du divin, n'a jamais cessé de se faire entendre à moi dans tout le cours de ma vie; jusqu'à ce jour, il n’a jamais manqué, dans les moindres occasions, de me détourner de ce que j'allais faire de mal. Or aujourd'hui qu’il m'arrive ce que vous voyez, ce que l'on pourrait prendre et ce que l’on prend en effet pour le plus grand de tous les malheurs, le signe du Dieu ne s'est point manifesté : il ne m'a fait d'opposition ni ce matin quand je suis sorti de ma maison, ni quand je suis venu devant ce tribunal, ni tandis que je parlais, lorsque j'allais dire quelque chose. Dans nombre d'autres discours, 1l est intervenu à différentes reprises pour m'interrompre. Mais aujourd’hui, au cours de cette affaire, pas une de mes actions, pas une de mes paroles à laquelle il ait apporté quelque empêchement. Et j'en soupçonne la cause; je je vais vous la dire : c’est que, selon toute vraisemblance, ce qui m arrive est un bien; c’est que nous sommes dans l'erreur, lorsque nous pensons que la mort est un mal. Grande est la preuve qui m'en est donnée : car, infailliblement, mon signe habituel m'aurait averti, si ma conduite eût dü s’écarter du bien !. »
D'ailleurs, « le signe démonique » n'attendait pas des circonstances aussi graves pour se produire; il se mêlait à tous les détails de la vie de Socrate : Il se montrait à tout moment, comme en témoigne le texte qui vient d'être cité; ses empèchements portaient sur les plus