‹ SocrateChapitre 162 sur 201 · PLAT., Euthyphr., I · texte numérisé non relu

PLAT., Euthyphr., I

suggérer la conduite la plus utile, à le préserver des moindres maux!; qu’il méritait véritablement, par ses interventions incessantes, le nom d'oracle familier, de divination habituelle (sw025 onustov, etwbuiz pet pavrtnt).

Bien que d’une attention minutieuse, « le signe démonique » ne faisait pourtant rien d'inutile : Il ne se manifestait que dans les circonstances embarrassantes.

Socrate ne voulait point qu’on interrogeât les dieux sur les choses qui sont accessibles à notre intelligence. Il pensait que l’on ne devait se résoudre à les consulter qu’au sujet des actions dont l'esprit humain ne peut ni pénétrer la nature ni mesurer les conséquences?. Cette règle, qu'il conseillait aux autres, était aussi celle que suivait « le divin » à son égard. Son démon intervenait seulement lorsqu'il se produisait une difficulté pratique que sa réflexion personnelle ne suffisait pas à trancher complètement. Et c’est là, sans doute, la raison pour laquelle il méditait avec tant d'intensité les suites que pouvait entraîner sa conduite : il était persuadé qu'il ne lui arriverait de secours surnaturel que lorsqu'il aurait épuisé les forces de la nature.

Ainsi se comportait « le signe démonique » ; et ce phénomène curieux a provoqué, au cours des âges, les interprétations les plus diverses : chaque génération l'a fait à son image.

Il semble bien que l'acte d’accusation porté contre Socrate ait voulu faire entendre que « le divin » était

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