XENOPH., Mem., I
une sorte d’être personnel à la façon des divinités populaires. Il y est parlé « de nouveautés démoniques » introduites par Socrate (£repa à xaivx dausvx). Or, lorsque Xénophon essaie de détruire ce grief, son unique préoccupation est de démontrer que son maître a parlé, il est vrai, d'un « signe démonique »; mais que l’on aurait tort d'y voir soit un dieu, soit un génie; que ce n’était en définitive qu'une espèce de divination !. Toutefois, l’idée du « divin » qu'insinuaient les ennemis de Socrate et qui très probablement était aussi celle du public athénien, ne réussit pas à s'implanter dans les sociétés païennes. Lorsque Platon et Xénophon parlent du « signe démonique », ils n'emploient jamais le mot de « démon ». Ils disent constamment Samsvisv 7e, eïov 1, ou bien ils ajoutent l’un à l’autre ces deux termes également vagues, signifiant assez clairement par là que ce phénomène ne leur apparaissait pas comme l’intervention d’un génie. Et c’est cette manière de voir qui prit cours et dura jusqu à l’origine du christianisme. Cicéron lui-même s’exprimait comme les disciples immédiats de Socrate. « Hoc nimirum est illud, dit-il, quod de Socrate accepimus, quodque ab ipso in libris socraticorum sæpe dicitur, esse divinum quiddam, quod Saiubviev appellat, cul semper ipse paruerit, nunquam impellenti, sæpe revocanti. * »
Cette opinion se dissipa, quand apparut le christianisme. On se plut dès lors à voir dans « le signe démo-
. 1. XENorx., Memn., I, 1, 1-5.