‹ SocrateChapitre 171 sur 201 · XENorn., Œc., I · texte numérisé non relu

XENorn., Œc., I

ESCHATOLOGIE. 2929

mal venus ». Et qu'y a-til de plus triste que d’en avoir de tels !? L’ingratitude fait de nous des déracinés : celui qui est en proie à un tel vice « se voit abandonné de ses amis et forcé de courir après des gens qui le détestent »?. Le tyran lui-même, sur son trône, ne peut suivre impunément ses coupables caprices. « S'il rejette un avis prudent, il fait des fautes, et ces fautes causent du dommage à leur auteur. » S'il s'en prend à la vie de ses sages conseillers, « 1l se prive de ses plus fermes appuis » et prépare ainsi de lui-même sa propre perte. On trouve toujours son malheur dans le mal; mais, par contre, on trouve toujours son bonheur dans le bien. Généralement, la vertu est accompagnée d’une foule d'avantages extérieurs : elle accroît en nous la vigueur du corps et la force de l’âme; elle nous vaut l'estime et la sympathie de nos semblables et nous ouvre ainsi la voie des honneurs; elle nous fait des amis. Et n’aurait-elle aucun de ces heureux résultats, qu'elle trouverait encore en elle-même sa juste récompense. Car elle s'épanouit en une joie ineffable : elle est divine, elle est infinie, la félicité que l'on éprouve « à se rendre meilleur soi-même et les autres »; et celui qui la possède n'a plus rien à redouter. Pauvreté, mépris, douleur et mort, tout lui devient indifférent À.

La nature, bien qu'imparfaite à certains égards, est

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