bid., IV
donc assez « belle et bonne » pour satisfaire nos aspirations les plus hautes, assez imprégnée de la Justice divine pour marcher d'elle-même vers le but qui lui est marqué. Et, par conséquent, l'on ne peut conclure de l’inachèvement des choses à l'existence d’une destinée ultérieure où elles s’achèvent. L'œuvre des dieux n’est point manquée : ils l’ont pourvue en la créant de ce qu'il lui faut pour persévérer.
Ce n’est pas à dire que l’on doive abandonner toute espérance en une autre vie. Car ce que la téléologie ne révèle pas, l’étude de notre âme l’indique de quelque manière.
.-Xénophon prête à Cyrus mourant les paroles suivantes : « Pour moi, mes enfants, je n'ai pu me persuader que l'âme vive tant qu'elle réside dans un corps mortel et s'éteigne dès qu’elle en est sortie; car je vois que c'est elle qui vivifie les corps périssables, aussi longtemps qu'elle les habite !. » On retrouve la même pensée vers la fin du Phédon; et la seule modification que Platon y apporte, c’est qu'il essaie de la rattacher à sa théorie des « idées ». — « Réponds-moi. Qu'est-ce qui fait que le corps est vivant? — C'est l'âme. — En est-il toujours ainsi? — Comment en serait-il autrement? — L'âme apporte donc la vie avec elle partout où elle
entre? — Assurément. — Y a-t-il quelque chose de contraire à la vie, ou n’y a-t-il rien? — Il y a quelque
chose. — Qu'est-ce? — La mort. — L'âme n'admettra