XEN., Mem., II, 1, 21, Éd. Tauchnitz, Leipzig
Déméter, celui de Dionysos, celui du soleil et de la lune, des fleuves et des sources!. Les dieux étaient autant de personnifications des forces de la nature les plus familières à l'homme. D’autres sophistes, au nombre desquels se trouvait probablement Critias?, avançaient une autre explication non moins radicale. Ils avaient remarqué, dans leurs voyages à travers le monde hellénique et peut-être au delà, que les divinités différaient avec chaque pays; et ils en concluaient qu'elles avaient une origine toute conventionnelle : c’étaient, à leur dire, des hommes habiles qui les avaient inventées pour dompter plus aisément la brutalité de leurs semblables. On en avait décrété l'existence, la nature et les attributions, suivant l'occurrence des besoins. Ainsi les dieux n'étaient plus les auteurs des lois. les lois, au contraire, étaient les auteurs des dieux : les rôles se trouvaient renversés.
En pratique, il est vrai, les sophistes se montraient moins méchants. Les uns enseignaient le calcul, la géométrie et l'astronomie ; d’autres la musique, ou toutes ces choses à la fois. Prodicus était professeur de vertu et il disait parfois de très belles choses; Protagoras n’avait d'autre prétention que celle d'apprendre aux jeunes gens à bien gouverner leurs propres affaires et les affaires publiques“.