‹ SocrateChapitre 19 sur 201 · PLAT., Protag., 11, 1x · texte numérisé non relu

PLAT., Protag., 11, 1x

Mais il n’en était pas moins évident qu'au point de vue théorique, il ne restait du passé que des négations et des doutes. Et cette science du vide n'était pas seulement connue de quelques groupes; elle se propageait partout. Les sophistes faisaient des conférences dans des sociétés privées et parfois au théâtre. En outre, la tragédie et la comédie étaient des moyens puissants de diffusion intellectuelle : Euripide a fait passer toute sa philosophie dans ses drames; et l’on trouve chez Aristophane l'écho des problèmes théoriques, politiques et moraux qui agitaient son temps. Il y avait aussi dans la ville un marché aux livres où l’on pouvait se procurer pour une drachme les œuvres d’Anaxagore!, où l’on trouvait également à prix réduit les écrits des autres philosophes, ceux des poètes et ceux des rhéteurs. Or les Athéniens profitaient avec avidité de ces moyens de s’instruire. On emportait sous le manteau les discours des orateurs, afin de les pouvoir savourer tout à son aise, et l’on en faisait un objet de conversation sur les bords de l'Ilissus, au chant des cigales?. C'était une honte pour un membre du jurv que d'ignorer la philosophie du « sage de Clazomène »5. Le public connaissait les œuvres de Protagoras#; on lisait les vers d’Euripide, on les apprenait par cœur, on emportait ses pièces sur terre et sur mer, on y cherchait sa con-

Page 1