PLAT., Banqguel, VII, xxxxui
2h" SOCRATE.
temps!. Et quand on a de telles preuves, on peut se dispenser d'en chercher d’autres.
Obscénités, actes contre nature! ce n'était point par là que Socrate paraissait répréhensible. Mais on regardait son influence comme funeste à l'ordre qui doit régner dans les relations de la famille. Les jeunes gens qui suivaient Socrate, en avaient moins d'affection pour leurs parents : ils ne s’attachaient plus qu'à lui, ils n’aimaient plus que lui. En outre, sa philosophie les rendait de moins en moins respectueux. Il leur répétait sans cesse que le plus savant est aussi le meilleur, qu’il est le plus puissant et le plus digne de commander, quelle que soit d’ailleurs sa naissance, son âge ou sa position. 11 leur enseignait que « personne ne mérite nos hommages sinon ceux qui savent ce qui est utile et qui sont à même de l’apprendre aux autres »; et, pour fortifier sa thèse, il leur faisait remarquer « que, en cas de maladie ou de procès, on trouve des secours, non dans ses parents, mais dans les médecins et les avocats »?. Or de telles leçons ne demeuraient pas inefficaces : les vieux en pâtissaient. Elles développaient chez les jeunes l’indocilité, l’arrogance et le mépris; et il se pourrait bien que la bastonnade administrée par Phidippide à son père ait été quelque chose de plus qu'une fiction de poète.
Les idées de Socrate étaient encore plus contraires aux traditions de l’État qu’à celles de la famille. Il n’a-