‹ SocrateChapitre 182 sur 201 · XENoOPH., Mem., I · texte numérisé non relu

XENoOPH., Mem., I

vait pas assez d'ironie pour cet empirisme aveugle qui présidait à la direction des affaires politiques!. Aucun des grands politiques d'Athènes ne pouvait le satisfaire : Thémistocle, Aristide, Périclès lui-même ne méritaient pas, à son gré, l'admiration dont ils jouissaient; car ils n'avaient fait qu'obéir à l’instinct?. À tout prendre, il aimait mieux la constitution de Sparte; et il ne dissimulait pas ses préférences5. Sa conviction intime et mille fois formulée, c'était que le gouvernement revenait de droit au plus savant. La ville devait être sauvée le jour où elle aurait à sa tête une aristocratie intellectuelle, au lieu de ces chefs ignares que lui donnait l’élection « par la fève » #. Il n’y avait de salut que par là; et l’une de ses préoccupations dominantes était de susciter cette élite d’intelligences libératrices. On pouvait donc le regarder comme un vrai révolutionnaire, qui travaillait à faire mépriser les institutions de son pays, afin d'introduire une forme politique de son crù et favorable par nature aux intérêts des nobles.

Son rôle devint plus suspect, lorsqu'on s’aperçut de son obstination à suivre l'exemple de certains aristocrates qui, soit par mépris, soit par crainte, ne prenaient aucune part aux affaires publiques. Il devint plus suspect encore après l’expulsion des Trente; car, à partir de ce moment, il ne fut plus question que de

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