‹ SocrateChapitre 184 sur 201 · Ibid., 1, x · texte numérisé non relu

Ibid., 1, x

trois était Anytus, démocrate zélé qui avait contribué avec Thrasybule à l'expulsion des trente tyrans et qui jouissait alors d’une très grande influence auprès de ses concitoyens. Ce personnage était d'ailleurs animé dans son rôle par une haine personnelle. Socrate lui avait dit un jour que, puisqu'il était honoré des premières dignités de la république, il ne convenait pas qu’il fit élever son fils dans le métier de tanneur et qu’il aurait plus tard à se repentir de ne pas lui avoir choisi un guide éclairé!. Anytus se souvenait avec amertume de cette ironique remontrance qui lui avait révélé d’ailleurs que Socrate était un danger même pour les siens ?.

Toutefois, il est à peu près sûr que l’accusation n’aurait pas abouti, si Socrate avait consenti à se conduire devant le tribunal comme les autres accusés. Ce qui le perdit définitivement, ce fut le ton de sa défense. On l’eût acquitté, s'il avait mis « quelque mesure » à ses paroles. Xénophon l'a formellement remarqué ÿ. Mais il se comporta « comme le maître des juges », « non comme un suppliant »# : son discours débordait d'ironie et d’un superbe dédain. On le vit soutenir que « le dieu de Delphes » lui avait imposé la tâche à laquelle il s’adonnait : ce qui dut paraître un blasphème. Il déclara qu'il préfé-

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