‹ SocrateChapitre 189 sur 201 · VII, xxx · texte numérisé non relu

VII, xxx

ments de la morale rationnelle; mais sa méthode dépassait son but. Elle consistait à chercher « l’un » dans « le divers »; elle tendait par là même à faire dériver d'un seul principe tout ce qui relevait de son domaine. Or ce domaine n'avait pas de borne : il était vaste comme la réalité. Car il n’y a rien qui ne contienne « une essence » et qui ne soit par là même susceptible d'une certaine définition. La dialectique de Socrate enveloppait l’idée d’une science universelle et désintéressée ; et cette idée ne fut pas perdue. Platon, d’abord, s’efforça de la réaliser. Il ne se borna pas, comme son maitre, à construire une éthique. Plein de confiance dans la valeur des procédés qu’il en avait appris, il se mit à chercher une conception qui pût fournir la raison dernière de toute chose, et créa cette immense théorie du monde où le sensible se ramène à l'intelligible et l'intelligible lui-même à « l'idée d’être ». Toutefois, Platon était encore dominé par une idée d'ordre moral. « Il se préoccupait principalement de rendre plus facile aux intelligences la contemplation de l’idée du Bien. » L'âme de Socrate n'avait point cessé de vivre dans la sienne; et ses spéculations les plus hautes continuaient à converger vers la pratique. Aristote parut, qui dégagea complètement des concepts socratiques l'idée de la science qu'ils enveloppaient. Savoir pour savoir, non plus seulement pour agir : telle fut la devise que le stagirite plaça au frontispice de sa métaphysique?; et

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