Dioc., IX
solation dans l'exil et le malheur. Il s'organisait des banquets, comme celui de Platon et celui de Xénophon, où l’on mèlait aux jeux de mots et parfois aux conversations les plus risquées des discussions pénétrantes sur la métaphysique et la morale. Les idées, à Athènes, ne restaient pas inactives; elles rayonnaient dans tous les sens et sous toutes les formes. Ainsi les théories nouvelles purent se répandre à l'indéfini et exercer dans l’âme du peuple leur fatale influence !.
L'exemple le plus connu de l’action perturbatrice que produisaient ces théories « est celui de Diagoras de Melos, poète lyrique, homme grave, le familier du Nomothète Nicodoros de Mantinée. Au temps où cette ville arcadienne s’affranchit de la sujétion de Sparte et se constitua en république autonome, Diagoras vint à Athènes, Or, bien qu'il eût été auparavant un chantre religieux, la puissance du doute le saisit; subissant, à ce qu’on rapporte, l'influence personnelle de Démocrite, il devint un hardi libre penseur, persifla les dieux qu’il avait autrefois glorifiés et jeta au feu un Héraclès en bois pour lui voir consommer son treizième travail » *.
Les prêtres, à la tète desquels se trouvait Diopithe, s'alarmèrent d’un tel état de choses: et ils recoururent aux tribunaux de la ville pour se défendre contre les excès toujours croissants du libre examen. Anaxagore fut accusé de s’en prendre aux dieux de l’État et contraint,
1. Eurir., Hippolyt., 451 et sq., Firmin-Didot, Paris, 1863. — Currius, Hist. grecque, 1V, 84-83.