PLAT., Soph., 1, xxxvur, 47; Theæt., I, xxxix
conséquent, nommer un concept, c’est épuiser d’un coup ce qu'on a le droit d'en affirmer. On fait une opération illégitime, toutes les fois qu’on énonce d'un sujet quelconque un prédicat quelconque qui ne lui est plus identique. On peut dire : l’homme est homme, le bon est bon; mais on ne peut ajouter : l’homme est bon. Aïnsi les définitions ne nous apprennent rien; on ne peut y voir qu'un plus long discours : elles ne sont que des souffles d'air !. Antisthène, comme Aristippe, s’en prità la science telle que Socrate l’avait conçue. Et la conséquence de son monisme intransigeant, c'est qu’il ne put édifier qu’une morale toute formelle. Euclide aussi et, après lui, Stilpon, le subtil et vigoureux Stilpon, refusèrent de se rattacher à la théorie des concepts. Plus radicaux encore que les cyniques, ils ne se bornèrent pas à dire que chaque chose est une; ils soutinrent qu'il n’y a qu’un être, lequel est éternel et de tous points immuable, que cet être est le bien et qu’ainsi le mal n’est pas. | Héraclite et Parménide étaient encore là, toujours 1inquiétants : la philosophie du « plusieurs » et celle de « l’un » continuaient à diverger, et la synthèse que Socrate avait essayé d'en faire n'obtenait qu'une victoire relative. Cette victoire était grande cependant, et devait durer à l’indéfini. Du parthénon de concepts élevé par le silène à l'âme divine, se détachèrent un certain nombre d'idées maitresses qui devinrent comme le fond