‹ SocrateChapitre 194 sur 201 · ArIsT., Mel., À, 1024b, 32; H, 1043b · texte numérisé non relu

ArIsT., Mel., À, 1024b, 32; H, 1043b

de la morale grecque et pénétrèrent avec elle dans le patrimoine de la morale humaine.

Le bien, pour Socrate, consistait dans une coordination de nos tendances faite en vue du bonheur; il se ramenait à l'harmonie : c'était une forme du beau. Et telle fut la pensée dont Platon s’inspira pour construire sa morale. Il ne fit que la préciser à la lumière de sa dialectique et la suspendre en quelque sorte à « l’idée du Bien ». Le plaisir et les appétits qui s’y rattachent lui apparurent sous le mème jour que le chaud et le froid, le doux et le fort, le sec et l’humide, le lent et le rapide, le petit et le grand; il les rangea dans cette zone immense de l’être qui est « susceptible du plus et du moins » : il y vit un aspect de « l’indéfini »!. Et son effort fut de montrer que l’œuvre du sage se réduisait à faire descendre « le fini » dans ce chaos d'activités aveugles, à leur imposer la discipline de « l’intelligible », qui, lui, est par essence nombre et proportion*.

Platon suivit donc, en morale, la devise de son maître : r> nant re na! a yaxbèv. Et cette devise fut également celle d’Aristote. Le bien, d’après les œuvres d’Aristote, est un idéal de la conduite humaine que la raison dégage des données de l'expérience et qui a pour trait essentiel la beauté. Il faut avoir du courage, non par contrainte, mais parce que cela est beau. Il y a des choses dont l’homme a peur, il doit les affronter parce que cela est beau et que

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