‹ SocrateChapitre 195 sur 201 · Ibid., HI, x · texte numérisé non relu

Ibid., HI, x

faire le contraire serait laid'!. L'homme de bien ne ment point, 1l ne viole pas la justice, il n’abandonne pas ses amis; et le mobile de cette noble conduite est l'agrément immortel de l'honnêteté 2. Ce n’est pas vivre selon le beau que de s’abandonner aux plaisirs: ; aussi le sage a-t-il soin d'éviter de tels excès. Il ne suffit point, pour être libéral, de faire de grandes dépenses. On n'est libéral que lorsqu'on donne par libéralité; et la raison, c’est que cela seul est beau #. « Celui qui meurt, estimant que mieux vaut vivre d’une manière belle, &iüoat xxAùs, que vivre longtemps, celui-là choisit, prend, se donne à lui-même une chose grandement belle, aipetrat péya xahèv éaurü. Si, en mourant, il assure à autrui de précieux avantages, à un ami la vie, à la patrie la liberté, lui a pour lui-même le beau, airû 5t rù xakèv, le beau, c’est-à-dire l'honneur de mourir et la beauté de la mort acceptée par amour du beau. » Le beau est la fin et la loi et le motif de toutes les bonnes actions : le beau est la moralité tout entière.

On retrouve la même idée dans l'éthique des stoïciens. L'activité, d’après ces philosophes, n’est pas le bien; ce n'en est que la matière. Et Calliclès, ce Nietzsche de l’antiquité gréco-romaine, eût pu rire de leur théorie, comme il riait autrefois des dialogues de Socrate lui-

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