Ibid., À, 2, 1120», 23 et sq
5, OLLÉ-LAPRUNE, Essai sur la morale d'Aristote, p. 80-81, Belin, Paris, 1881. .' | :
même. La « tension », qui fait le fond de la nature, se déploie en nous sous des formes multiples : elle s’y divise en fonctions diverses dont les principales sont la nutrition, la reproduction, la science, la culture des arts, le courage, la tempérance, le dévouement à la patrie, l'amour de l’homme pour l’homme. Or aucune de ces fonctions, si noble qu’elle puisse paraître, n’est le bien proprement dit, le bien par excellence. Car chacune d'elles peut être exagérée au détriment des autres et devenir par là même mauvaise. Le bien véritable n’apparait que lorsque la raison pénètre dans ces modes inférieurs de la vie, leur impose sa loi et en fait par là même une synthèse harmonieuse, une sorte de hiérarchie savante où 1l n’y a plus ni manque ni excès !. Aussi les stoïciens pensaient-ils, comme Platon et Aristote, que le sage est une sorte d'artiste dont le rôle est de faire jaillir de son âme comme une image vivante du bien ?. S'ils se montraient infidèles à la tradition socratique, c'est uniquement parce qu'ils l’exagéraient. Le bien, pour eux, était quelque chose de plus qu’une proportion quelconque ; ils y voyaient une sorte d'équation mathématique. De là leur fameux paradoxe, d'après lequel il ne peut y avoir de degrés ni dans le vice ni dans la vertus. Leur conception n'était que la pensée de Socrate affinée au contact d’une éristique aiguë.
Plus grande encore fut la fortune qu'obtint l'idée de