ARIST., Mel., À, 1, 981%, 3-7; Phys., À
8. ArIST., Eth. Nic., H, 5, 11472, 25-35 et 1147°, 1-5; De anim., T,10, 433%, 23-27: D, 11, 434, 19-14.
4. ARIST., De anim., F, 10, 433°, 24-27; Eth. Nic., T, 5,1112%,11; 7, 6, 1113*, 22-24; 11139, 14-17.
de la raison, Aristote ne laissait point d'affirmer « qu'il n’y a rien de plus fort que la sagesse » !; et 1l entendait dire par là que, si la science du bien ne l'emporte pas toujours du premier coup, elle a du moins une vertu purificatrice dont l'empire grandit avec le temps et qui finit à la longue par vaincre toutes les résistances de l’animalité. « Quand je considère, disait Leibniz, combien peut l’ambition et l’avarice dans tous ceux qui se mettent une fois dans ce train de vie, presque destitué d’attraits sensibles et présents, je ne désespère de rien, et je tiens que la vertu ferait infiniment plus d'effet accompagnée comme elle est de tant de solides biens, si quelque heureuse révolution du genre humain la mettait un jour en vogue et comme à la mode *. » Aristote était d’un sentiment analogue : il pensait que, si le triomphe de la science du bien n'est pas toujours immédiat, il est toujours assuré.
Les stoïciens aussi s’inspirèrent de l’idée que. Socrate s'était formée de la puissance moralisatrice du savoir; et, grâce à leur théorie des passions, ils lui rendirent sa rigueur première. Ils ramenaient les diverses formes de l'activité humaine à un seul et même principe d'ordre tout intellectuel. La passion, pour eux, était un aspect de l'opinion; et l'opinion, à son tour, une moindre raison. L'œuvre du sage consistait à {endre en quelque sorte son entendement, à se donner aïnsi la claire vue des choses, la science proprement dite. Ce