‹ SocrateChapitre 24 sur 201 · ARISTOrH., Nuées · texte numérisé non relu

ARISTOrH., Nuées

3. Chevaliers, 51, 255; Guépes, 607, 682, 688, 797, 1116; Oiseaux, 1540. |

élever au-dessus d'eux-mêmes par son sérieux et ses exigences morales; et par là il paraissait tellement supérieur à la foule qu'elle avait honte de lui laisser voir ses faiblesses et ses basses convoitises. Mais quand la grande voix qui avait su dominer la turbulente cité eut cessé de se faire entendre, tout prit bien vite une allure nouvelle et de plus en plus fâcheuse. Comme l'aristocratie avait perdu son influence politique et qu'il n'existait plus ni classes de fonctionnaires, ni collège permanent d'hommes d'État entendus, il ne resta aucune autorité pour diriger la bourgeoisie d'Athènes !. Dès lors, les assemblées devinrent plus nombreuses et de moins en moins clairvoyantes. Les sujets les plus graves y furent traités tantôt avec cette légèreté qui fait qu'on ne prend pas la peine de regarder aux conséquences, tantôt avec cette passion qui fait que i'on ne s'accorde pas le temps de les discerner. On les vit tour à tour en proie au caprice, frappées d’apathie, emportées par ces courants d'approbation ou de réprobation qui traversent les foules et les entraînent toujours à des excès regrettables, quand personne n’est là pour tout ramener au niveau de la prudence. De plus, cette impuissance d'Athènes à se gouverner elle-même fit naître et prospérer la pire des démagogies. Ce fut à qui s’emparerait de la direction des affaires publiques: et, dans cette lutte pour le pouvoir, les moins bons l’emportèrent assez naturellement. Le peuple eut une série de maitres de basse extraction qui, ne se sentant pas la

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