‹ SocrateChapitre 28 sur 201 · Taucyp · texte numérisé non relu

Taucyp

kG SOCRATE.

trouva presque entièrement rompu. Les personnes d'âge mûr qui échappèrent à la mort, restèrent les mêmes, ilest vrai; mais autour d'elles surgit une génération dont les pensées et les mœurs furent tout autres. Les jeunes se laissèrent emporter par l'esprit nouveau et tournèrent à la dépravation. Le fléau fit aussi dans les rangs du peuple un nombre effroyable de victimes ; cette perte d'hommes s’ajoutait à celle que la guerre avait déjà causée et causait encore tous les jours : si bien qu'il parut opportun d'élargir le droit de cité. Périclès, poussé, il est vrai, par le désir de légitimer le fils qu'il avait eu d’Aspasie, le seul qui lui restât, mais obéissant en même temps à une raison d'intérêt général, demanda et obtint l'abolition de la loi qu'il avait fait voter luimême et aux termes de laquelle les enfants naturels ne pouvaient être citoyens. Et cette réforme, qui parait aux nécessités du moment, eut des suites très graves : elle fit pénétrer dans la bourgeoisie des éléments étrangers et jeta Le trouble dans les relations de famille.

Mais ce qui contribua surtout à exciter les passions et par là même à détruire le sens moral, ce fut la guerre atroce qui de #32 à #04 désola la Grèce entière. La question n'était pas seulement de savoir qui l’emporterait de Sparte ou d'Athènes; il s'agissait principalement de décider qui aurait le dernier mot de l'aristocratie ou de la démocratie. Tarente, Leontium, Syracuse, Agrigente, Corcyre, Mantinée, Corinthe, Argos, et les diffé-

Page 1