‹ SocrateChapitre 29 sur 201 · Taucyo., III, 87, Toù GE &)ou byhou &vekeüpetos àprôu6s · texte numérisé non relu

Taucyo., III, 87, Toù GE &)ou byhou &vekeüpetos àprôu6s

rentes îles de la mer Égée, étaient depuis longtemps déjà autant de théâtres où le peuple luttait contre les nobles avec des fortunes diverses. Lorsque la guerre fut déclarée entre Athènes et Sparte, la plupart de ces villes et de ces îles se rangèrent en deux camps, dont l’un prit parti pour la première de ces deux cités, le foyer des idées nouvelles; et l’autre pour la seconde, qui représentait les vieilles traditions; et alors commenca une lutte générale et d’une fureur extrême. Au bout d’un certain temps, on ne connut plus ni citoyens, ni pères, ni frères, ni amis; justice, patrie, famille furent autant de choses qui cessèrent d'entrer en ligne de compte. Il n’y eut plus dans l’Hellade entière que des aristocrates et des démocrates, armés les uns contre les autres, et recourant sans aucun scrupule à tous les moyens que peuvent suggérer la fourberie et la violence. Athènes souffrit plus qu'aucune autre ville de cette série interminable de combats acharnés, de conspirations, de massacres et de délations. L'opposition des partis y était vive, plus vive peut-être que dans aucun autre état; et elle s’augmentait de toutes les secousses qui se produisaient sur les divers points du monde hellénique. C'est dans Athènes principalement que se fit sentir l’action déprimante de la guerre du Péloponnèse.

Tout concourut donc en mème temps, et comme par une sorte de fatalité malveillante, à la dépravation de la

glorieuse capitale : la ruine des traditions religieuses, l'hypercriticisme des philosophes, le débridement complet de la démocratie, la peste et la guerre. Aussi Athènes, où la victoire et la vertu allaient autrefois de concert, présenta-t-elle des indices de plus en plus profonds de décadence morale.

Le sentiment de la justice disparut peu à peu des rapports d’États à États. Non seulement on fit valoir le droit du plus fort; mais encore on n'hésita pas à l’ériger ouvertement en principe, comme on le peut voir par le discours que tinrent aux habitants de Melos les envoyés des généraux athéniens. « Nous sommes ici, disaient-ils, pour l'intérêt de notre gouvernement et le salut de votre ville. Soumettez-vous, la chose n’entraine point de désavantages ; bien plus, elle sera utile aux deux partis en présence !. » « Votre neutralité ne nous suffit pas *?; et nous ne redoutons pas votre inimitié. Ce qui nous nuirait par-dessus tout, ce serait d’incliner vers la faiblesse ou de renoncer à notre force ; car une telle attitude donnerait un triste exemple à ceux qui nous obéiséent déjà 3. Vous nous objectez le respect des dieux. Mais nous ne pensons pas leur déplaire; car nous ne voyons rien dans notre conduite qui puisse offenser en quelque manière soit les lois divines, soit les décrets humains. Les dieux, d'après toute apparence, font de leur puissance la mesure de leur droit; et la nature veut qu'il en aille de

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