Taucyn., V
2. AristToPpa., Chevaliers, 266 et sq.; Nuées, 961 et sq. SOCRATE. 4
cydide, le fils du sculpteur Polyclète, et le célèbre Alcibiade qui appartenait à l’une des familles les plus anciennes d'Athènes et qui n'en fut pas moins l’un des hommes les plus dépravés de son temps. Callias, fils d'Hipponicos, héritier d’une immense fortune et chargé, comme ses ancêtres, de porter le flambeau aux mystères d'Éleusis, n'en mena pas moins la vie la plus dissolue : il dissipa tous ses biens avec des courtisanes et des sophistes, de sorte que, malgré ses fonctions sacrées, il fut exposé sur la scène comique comme l'image d’Athènes dégénérée.. On pourrait « citer une infinité d’autres » fils de grandes maisons qui, eux aussi, rompirent brusquement avec les plus glorieuses traditions et devinrent des banqueteurs, des coureurs de femmes et des pédérastes!, alliant parfois à tous ces vices l'ambition la plus tenace et la plus effrénée. .
Aïnsi se déprava la « jeunesse dorée d’Athènes »; et te peuple, comme toujours, suivit l'exemple donné. La perversion devint générale. Qu'on se figure, par exemple, ce qu'il fallait de corruption morale, pour qu’Aristophane osât porter sur la scène des inventions telles que l’histoire des petites truies de Mégare et le dialo-
* 1. PLAT., Protag., Il, 1, 123-124 (ce passage n’est qu'une plaisanterie à l'adresse de Socrate, comme l'indiquent ces paroles qui le terminent : rü: 8” où pLédhet, D paxäpre, Tà copwTatov x4A)OY paivecbat: mais il n'en montre pas moins que l'amour unisexuel était à la mode); ibid., 11, vit, 132; Phædr., VIIY, xv, 16 et sq.; Le Banquet, VII, xxx et sq.; — XENoOrbH., Mem., 1,3, 8-13; Le Banquet, VIII, 2-8, 87 elIX, 2 et sq., Éd. Tauchnitz, Leipzig, 1887; — ArisT., Rhet., B, 16, 1290?, 83, 1391", 1 et sq.; — CurrTius, Hist. grecque, IT, 83 ; atque alibi aliorum plurimorum.
gue de Lysistrata et de Calonice. Et ce ne sont pas là des exceptions : les œuvres du poète abondent en obscénités analogues. Au gré d'Aristophane lui-même, le comique aux cent visages, le résultat de la nouvelle éducation était de faire de l’Athénien « un hardi coquin », « un vieux routier de chicane », « souple comme une courroie, glissant commeune anguille »; « un fanfaron friand de bons plats » et « débauché » 1. Ces peintures, pourtant si riches d'imagination, n'étaient que la réalité prise sur le vif : la poésie et l’histoire s'y donnalent la main.
Telle était la société au milieu de laquelle vécut Socrate; et c’est pour y ramener une vie plus noble qu'il se mit à philosopher : son œuvre fut un essai génial de réaction contre la décadence morale qui perdait sa Pa-
trie.