‹ SocrateChapitre 36 sur 201 · XenoPu., Œc., II · texte numérisé non relu

XenoPu., Œc., II

d'argent. C’est donc à cette somme que je me condamne. Mais Platon, que voilà, Criton, Critobule et Apollodore : désirent que je me condamne à trente mines et ils en répondent. Je me rends à leur sentiment; et, assurément, je vous présente des cautions qui sont très solvables!. »

L’avoir de Socrate oscillait donc, avec les circonstances, entre une mine et cinq mines. Or il n'y a pas lieu de croire que ses parents lui aient laissé un patrimoine beaucoup plus brillant. On trouve, il est vrai, dans Plutarque, qu'il possédait une terre et 70 mines de rentes ?. Libanius raconte, de son côté, qu'il avait hérité 80 mines de son père, qu'il les avait prètées et perdues. Mais ce sont là des renseignements sur lesquels on ne peut faire fond. Platon et Xénophon, qui nous ont parlé à diverses reprises de la pauvreté de leur maître, n’ont rien dit de ces vicissitudes de fortune. Socrate, à leurs yeux, est, d'une manière invariable, le philosophe qui « n’a. pas d'argent », qui n’en a jamais eu, le philosophe gueux À. Ce que l’on peut dire avec raison, c'est que son amour de la sagesse ne dut pas contribuer à mettre du bien-être au foyer. Au lieu de travailler à sortir de sa misère, 1l passait ses journées à parcourir les rues d’Athènes et à visiter les bontiquiers de la ville. Il négligeait « le soin de ses affaires domestiques » pour avoir le temps d'apprendre la vertu à ses concitoyens. Et cette

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