‹ SocrateChapitre 39 sur 201 · ARISTOPH., Nuées, 961 et sqq · texte numérisé non relu

ARISTOPH., Nuées, 961 et sqq

. 2. Dioc., Il, 19; — Pausanias, I, 22, 8, et IX, 35, 7, Firmin-Didot, Paris, 1845.

avait d’ailleurs un tel don d'analyse, une si grande puissance d’intuition, et tant de finesse d'esprit sous son enveloppe de « Silène », qu’il suffisait de l’entendre une fois, pour prévoir que sa destinée n'aurait rien de commun. « Socrate, dit Protagoras, je loue ton ardeur et ton talent à manier la dispute, car, entre tous les défauts dont je me flatte d’être exempt, je suis de tous les hommes le moins jaloux. Aussi ai-je dit souvent de toi que, de tous les jeunes gens de ma connaissance, tu es celui dont je fais le plus d'estime, et que je te mets infiniment au-dessus de tous ceux de ton âge. J'ajoute que je ne serais pas surpris qu'un jour tu prisses place parmi les personnages célèbres pour leur sagesse!. » Ces paroles, il est vrai, ne sont peut-être qu'une belle fiction. Mais elles ne nous révèlent pas moins l'impression que fit Socrate dès qu'il se montra. C'est le cas de dire que la poésie est plus réelle que l’histoire.

Socrate eut des relations journalières avec les sophistes. Protagoras, Gorgias, Prodicus de Julis en l'ile de Céos, Thrasymaque de Chalcédoine, Polus d’Agrigente, Hippias d'Elis, Evenus de Paros et Lysias, tous les remueurs d'idées, tous les ergoteurs d'Athènes se prirent pour lui d'une estime croissante, malgré l’esprit nouveau dont il s’inspirait et qui se laissait de plus en plus entrevoir?. Il eut ainsi l’occasion de discerner

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