‹ SocrateChapitre 53 sur 201 · PLarT., Banquet, VII, xxxv · texte numérisé non relu

PLarT., Banquet, VII, xxxv

superbe et le regard dédaigneux, considérant tranquillement et les siens et les ennemis et montrant au loin à la ronde par sa contenance que celui-là serait vigoureusement reçu qui oserait l’aborder !. » Socrate ne le cédait à personne, quand il lui fallait défendre son pays les armes à la main. Mais dès que les troupes étaient licenciées, 1l regagnait sa ville, y reprenait sa fonction d’éprouveur d’âmes et s’en occupait si fort qu'il ne trouvait pas mème le loisir d'aller avec des amis,. sur les bords de l'Ilissus, goûter un peu de frais au chant des cigales?. Le Dieu l'avait « attaché à Athènes comme à un coursier puissant et généreux, mais que sa grandeur même appesantit » et qui a besoin d'un éperon pour trouver toute son énergie : il passait son temps « à exciter et aiguillonner ses concitoyens, à gourmander chacun d'eux, partout et toujours, sans leur laisser aucun relâche ».

L'ardeur que mettait Socrate à poursuivre sa réforme philosophique, fut aussila principale raison pour laquelle « 1l négligea les emplois militaires, les fonctions d’orateur et toutes les autres dignités » #. Il est vrai que la facon dont se traitaient alors les affaires publiques, n'avait rien qui fût fait pour lui plaire. C'était le règne « de la fève »; or il croyait, au contraire, que l’on ne devait confier les fonctions de l’État qu'à ceux qui, par

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