‹ SocrateChapitre 59 sur 201 · XeNoen., Memn., III · texte numérisé non relu

XeNoen., Memn., III

Jante de puissance et de vertu. Et c'était là un avenir auquel son âme généreuse ne pouvait se résigner. Il crut qu'il suffirait d’instruire pour améliorer : il crut que la raison avait un empire irrésistible, un charme auquel on ne peut se soustraire, quand on s’est une fois pénétré de son idéal éternel. Et il se prit résolument à son labeur. « Ne crois pas, répliquait-il au fils d’Aspasie, que les Athéniens soient atteints d’une incurable perversité. » Non, ils font le mal, parce qu'ils ignorent le bien. « Celui-là est un joueur de luth qui sait jouer du luth. » Celui-là est un sage qui connaît la sagesse. Il y a un attrait vainqueur dans la science du devoir; et le tout est de faire la lumière dans les intelligences!.

Mais on ne connaïtrait qu'imparfaitement les mobiles auxquels obéissait Socrate, si l'on s’en tenait à cette explication : il y a quelque chose de plus original et aussi de plus mystérieux dans son rôle philosophique. Il croyait véritablement avoir reçu « du Dieu » l’ordre de travailler au salut d'Athènes. Platon fait de cette intimation d'ordre préternaturel l'idée dominante de son Apologie. À son sens, c’est pour obéir « au Dieu » que Socrate parle à tout venant, à tout propos et sans aucun répit de justice, d'amour et de piété?; c’est pour obéir « au Dieu » qu'il a renoncé aux charges publiques et au soin deses propres affaires 5; c’est pour obéir « au Dieu » qu'il préfère mourir et mille fois que d’abandonner sa

1. XenoPpu., Mem., III, 5, 18; III, 1, 4; IV, 6, 7. 2. Puar., Apol., I, vis, 29; I, 1x, 31-32.

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