‹ SocrateChapitre 63 sur 201 · bid.,T, xLvn · texte numérisé non relu

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Non seulement Socrate déclarait la physique insuffisante, mais encore il lui parut qu'elle était impossible. C'était de la démence, d’après lui, que de disserter à l'infini « sur l'universalité des choses, sur l’origine de ce que les sophistes appelaient le monde, sur les lois des phénomènes célestes »1. Car des questions de cette nature sont autant d'énigmes dont la divinité s’est réservé le secret et qui resteront toujours impénétrables à l'esprit de l’homme*?. Il avouait malignement que, pour son propre compte, 1l était devenu on ne peut plus malhabile à traiter de pareilles matières, que « cette belle science » l'avait « aveuglé », qu'il avait fini « par ne plus rien voir à tout ce qu’il en croyait connaitre » 5. Et il ajoutait que tel devait être aussi l'état d'esprit de « ceux qui se faisaient gloire d'en parler le mieux » #. « Ils ressemblent à des fous, » disait-il, les philosophes « qui s’attachent à scruter les lois de l'univers ». Car ils ne s'entendent pas mieux que les fous : 1ls n'ouvrent la bouche que pour soutenir les opinions les plus contradictoires. « Ils établissent ici l’unité de l'être, là sa multiplicité, ici le mouvement perpétuel des choses, là leur immobilité absolue: les uns prétendent que tout naît et meurt; d’autres, que rien n’a été engendré et que rien ne périra jamais°. » Et quelle preuve plus évidente qu'eux aussi se trouvaient aveuglés, qu'ils avaient perdu

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