‹ SocrateChapitre 71 sur 201 · Nuées, 225 et sq · texte numérisé non relu

Nuées, 225 et sq

dons permettent de lui donner une réponse assez précise.

Le dessein de Socrate était, comme on l’a dit à bon droit, de fonder une morale rationnelle. Mais cette morale, il ne la voulait point stérile ; il la voulait vivante, pratiquement efficace, assez puissante pour triompher des passions et rendre aux âmes l'amour prédominant du bien. Or, quel était le moyen d’aboutir à cette régénération de l'esprit ct de l’activité, à cette rénovation totale de l'être?

Sans doute, il fallait dégager des données de la tradition et du contenu de l'âme humaine les idées qui constituent la morale et celles qui servent à l’étayer : il fallait ramener à l'évidence rationnelle les notions confuses que le vulgaire se fait du bien, du beau, de la justice, de la tempérance et de la force; définir d’une manière scientifique les devoirs de l'individu à l'égard de lui-même, de la famille et de l'État, ceux aussi de la famille et de l’État à l'égard de l'individu; et, cet idéal “une fois trouvé, chercher s’il ne plongeait pas ses racines dans une réalité plus profonde et plus durable, s’il n’avait pas dans l’Au-delà son origine et son achèvement. La première œuvre à faire était de transformer la morale en un système logique de concepts bien fondés; car l’homme a besoin de connaître pour agir : l’action n’est que de la pensée à l'état de mouvement !. De plus, aussi longtemps que l'éthique n'aurait pas pris une forme rationnelle, aussi longtemps qu'elle ne se serait pas élevée

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