‹ SocrateChapitre 72 sur 201 · XENOPn., Afem., 1V, 2,26; — PLar., Prolag., I, x · texte numérisé non relu

XENOPn., Afem., 1V, 2,26; — PLar., Prolag., I, x

à la dignité d’unescience, elle demeurerait incommunicable : les plus sages seraient incapables d'enseigner aux autres leur sagesse, et l’on verrait se reproduire à l'infini ce qui s'était passé pour Périclès, lequel n’avait pu transmettre à ses fils ni sa politique ni sa vertu.

Mais l’on ne comprendrait Socrate qu’à demi, si l’on croyait que son but unique fut d’esquisser une théorie morale. IL est possible de soutenir qu’il avait une pensée plus profonde et plus féconde. Pour moraliser l'homme, il ne suffisait pas, à son sens, de rationaliser la morale; il était nécessaire aussi, et par-dessus tout, de fortifier la raison, de la rendre peu à peu, par une éducation progressive, assez pénétrante, assez compréhensive, assez vigoureuse pour sentir tout ce qu’il y a de beauté et de bonté dans la vertu. C'est du plein épanouissement du vois qu'il attendait la sainteté du vouloir; c’est de la maturité de l'intelligence qu'il espérait la maturité de la personne humaine tout entière. « On raisonne en paroles, sans avoir presque l’objet même dans l'esprit, » disait Leibniz. « Et les plus beaux préceptes de morale avec les meilleures règles de prudence ne portent coup que dans une âme qui y est sensible. » « Cependant rien ne serait plus fort que la vérité, si on s’attachait à la bien connaître et à La faire valoir. » Et « le meilleur moyen est de s’accoutumer à procéder méthodiquement et de s'attacher à un train de pensées dont la raison, et non le hasard (c’est-à-dire les

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