‹ SocrateChapitre 73 sur 201 · PLAT., Protag., IT, x · texte numérisé non relu

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impressions sensibles et casuelles) fasse la liaison» 1. « Toute notre dignité consiste à penser, ajoutait Pascal. C’est de là qu'il nous faut relever, non de l'apparence et de la durée que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser : voilà le principe de la morale”. » Telle était aussi la conviction de Socrate. A ses yeux, le bien avait d'autant plus de chances de triompher qu'il se révélait à une intelligence plus forte ; son triomphe était infaillible dans une âme dont l’entendement avait pris pleine possession de lui-même : la moralité, pour lui, grandissait de pair avec la rationalité, et s’achevait avec elle. .

Voilà pourquoi Socrate faisait du « connais-toi toimême » la règle foncière de son éthiqueÿ. Se connaître : tel était, à son sens, le but vers lequel il fallait tendre sans relâche, dont il fallait s'approcher de plus en plus; telle était la forme idéale que tout homme. devait réaliser en son être. Car, cette conquête sur l'inconscient une fois terminée, l'intelligence une fois adulte, on sentait du même coup l'empire invincible du bien, et le règne de l’ordre se trouvait établi. Voilà pourquoi Socrate allait de porte en porte chez les politiciens, les poètes et les artistes d'Athènes, pour leur apprendre qu'ils ignoraient jusqu’à leur propre ignorance 4. Son but était de ies élever au-dessus de la rou-

1. Nouv. ess., Il. xx. 163. 169, 174, P. Janet, Paris, 1866. 2. Pensées, P. 22, Ern. Havet, Paris, 1875.

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