‹ SocrateChapitre 75 sur 201 · Ibid., IV · texte numérisé non relu

Ibid., IV

3. PLAT., Apol., I, xxvVINI, 52-53 : 6 Ôè àvekétastos Bios où ftwrés avbporE. Loue le,

à son maître en cette curieuse occurrence, n’a rien qui doive surprendre; mais encore il s’en dégage une idée morale d’un ordre très élevé. Socrate y berne son interlocutrice de la manière la plus gracieuse du monde. Il lui fait avouer successivement, à l’aide d’interrogations habilement posées : premièrement qu'elle ne prévoit rien, puisqu'elle dépense son argent en luxe inutile au fur et à mesure qu'il lui en vient ; secondement, qu’elle ne sait rien, pas même son métier; troisièmement, que sa vie est absolument étrangère à tout sentiment de moralité. Ce qu’il y a de plus piquant, c’est que Théodote ne comprend pas. « Eh bien! Socrate, dit-elle, que ne m'aidez-vous à trouver des amants? — Je le veux bien, par Jupiter, si vous m'y décidez. — Et le moyen de vous y décider? — Vous le chercherez et vous m'en aviserez, si vous avez besoin de moi!. » — La courtisane, qui séduisait les Athéniens, n'avait donc qu'une grâce toute plastique : c'était une statue, non une femme. Elle était aussi éloignée que possible de ce type de la beauté humaine, de cet idéal de la personnalité, à la hauteur duquel Socrate s’efforçait d’élever ses disciples. Et c’est là ce qu’il voulait faire ressortir : quod erat demonstrandum?.

Il ne faudrait donc pas croire que Socrate se soit borné à ciseler des idées morales. Il ne faudrait pas non plus le considérer comme un pur dialecticien, dont

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