‹ SocrateChapitre 78 sur 201 · Xenopn., Mem., IV, 5, 11-12; IV · texte numérisé non relu

Xenopn., Mem., IV, 5, 11-12; IV

Socrate, comme en témoigne Aristote, n’a jamais pensé à ce monde d’intelligibles que son disciple devait faire sortir de sa propre théorie. La définition dont parlait Socrate, a quelque chose de moins hardi, je dirais presque de plus positif. Sans doute, il voulait dépasser le relatif où les sophistes s'étaient enlizés; ‘il s’efforçait d'aboutir à des concepts qui fussent applicables à un nombre indéfini de cas de la même espèce : c’est à l'absolu qu'il aspirait?. Mais il ne le cherchait ni dans le fond de la « matière », ni dans la subsistance des « idées ». Il se bornait à dégager des phénomènes que l'on appelle beaux, ce que c'est que la beauté; des actions que l’on nomme justes, ce que c’est que la Justice; des différentes formes que revêtent les arts, ce qu'il faut entendre par l'art3; et ainsi de tout le reste. Il allait des faits que le commun des hommes groupe autour d’un même signe à l'aptitude interne d'où ces faits découlent # : il définissait chaque chose par sa cause immédiate, sauf à faire voir par après, quand 1l y avait lieu, les conséquences d'ordre logique ou d'ordre pratique que l’on en pouvait tirer.

Socrate allait donc ‘du multiple à l’un, et parfois de l’un au multiple. Et, dans les deux cas, il avait une manière de procéder qui lui était personnelle.

Il n’enseignait pas à la manière des sophistes5, qui

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