‹ SocrateChapitre 81 sur 201 · PLatT., Meno, IIF, xut · texte numérisé non relu

PLatT., Meno, IIF, xut

interrogations, mais dans un autre sens: il s’efforcait de construire, au lieu de détruire. Il se mettait à chercher, de concert avec celui qu’il venait de confondre, quelle pouvait être la solution du problème posé : à l'enfantement « de l'être chimérique » succédait celui du « fruit véritable ». « Penses-tu donc, disait-il à Aristippe, que le beau et le bien soient deux choses différentes? Ne sais-tu pas que chaque objet est beau et bon sous Je même rapport? La vertu n’est pas bonne à un point de vue et belle à un. autre; c’est en se plaçant sous le même aspect que l’on dit d’un homme qu'il est beau et bon; et ce qui fait la beauté d’un corps en fait aussi la bonté. Enfin, tout ce qui peut être utile est bon et beau relativement à l’usage qui lui convient. — Un panier à ordures est donc aussi une belle chose? — Oui, par Jupiter, et un bouclier d’or est laid, si toutefois l’un est approprié à son usage, et l’autre non... car les choses sont belles et bonnes relativement au but qui leur convient; laides et mauvaises relativement au but qui ne leur convient pas !. » Ainsise trouvaient ramenées au concept d'harmonie les idées en apparence si différentes d'utilité, de bonté et de beauté; ainsi se trouvait mis en relief le principe fondamental de la doctrine socratique. Et c’est d'ordinaire par des conquêtes de ce genre, moins importantes le plus souvent, mais toujours également dogmatiques, que se terminait l’épreuve. Alors l'interlocuteur respirait. Après avoir avoué à sa

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