‹ SocrateChapitre 82 sur 201 · XENoOPH., Mem., III · texte numérisé non relu

XENoOPH., Mem., III

honte qu'il ignorait ce qu'il croyait savoir, il pouvait se persuader qu'il savait au fond ce qu'il croyait ignorer !. « Le nouveau-né » n'avait point paru sans labeur; mais il n'en était pas moins le fils de sa pensée. |

On trouve dans les Mémorables un passage où les deux phases de l'examen socratique ressortent avec beaucoup de netteté : c'est le dialogue avec le sophiste Hippias d'Élée. Hippias, de retour à Athènes après une longue absence, rencontra Socrate qui s’entretenait avec quelques-uns de ses disciples. « Quoi! Socrate, dit-il d’un ton railleur, tu répètes encore ce que je t'ai entendu dire il y a silongtemps”? — Oui, Hippias; et ce qu’il ya de plus fort, c’est que je le répète sur les mêmes sujets. Mais toi, dont la science est si variée, peut-être ne parles-tu jamais de la même manière sur les mêmes choses ? — Jamais; je tâche toujours de dire du nouveau. — Mème sur ce que tu sais? Par exemple, si l'on te demande, au sujet des lettres, combien il y en a dans le nom de Socrate et quelles elles sont, tu t'efforces de répondre tantôt d’une manière et tantôt d’une autre? s’il s’agit d’arithmétique et que l’on te demande si deux fois cinq font dix, ta réponse d'aujourd'hui n'est plus celle d’hier ? — Sur ces questions, Socrate, je suis ton exemple, et je vais répétant toujours la même chose. » Hippias se sent pris et devient prudent : il persiste à soutenir qu'il pourrait dire, au sujet de la justice, des choses nouvelles

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