XeNorx., Œc., XIX
qui sont de nature à supporter toutes les attaques ; mais il se garde de proposer sun sentiment. « Je t'attends, Socrate: à toi de nous dire d’abord ce que tu penses de la justice. Il y a bien assez longtemps que tu te moques des autres avec tes interrogations et tes réfutations perpétuelles, avec ton parti-pris de ne jamais hasarder une réponse, de garder toujours pour toi ton opinion personnelle. » Socrate passe alors de l’zronte à la maïeutique proprement dite, mais non sans avoir encore berné quelque peu son homme. Il établit, à l’aide d’une série de questions et de réponses : premièrement, que celui-là fait preuve de justice qui observe les lois de l’État; secondement, que c’est également agir en homme juste, que d'observer les lois des dieux; troisièmement, qu’il n’y a pas d’autres lois que celles de l’État et celles des dieux. Et il conclut que la justice et la légalité ne font, pour celui qui les rattache à leur premier principe, qu'une seule et même chose {.
Il est bon d'ajouter que les dialogues de Socrate ne se développaient pas toujours sous leur double forme. Il lui arrivait parfois, quand la réfutation prenait fin, de se borner à l'expression d’une idée suggestive qu’il Jetait comme un ferment dans l'esprit de l'auditeur, qui devait provoquer sa réflexion et le conduire de plus ou moins loin jusqu’à la solution du problème débattu. C'est ce qui se présente dans le dialogue avec Euthydème sur le juste et l’injuste. Le jeune homme, au