Xenorn., Mern., IV
bout d’un certain nombre de réponses, se trouve par trois fois de suite dans le plus cruel embarras : il ne sort de la contradiction que pour y tomber derechef, et finit par avouer qu'il est dans l'impuissance absolue de s’expliquer à lui-même ce qu'il importe le plus de savoir : « Il ne voit plus aucune autre route qui puisse le conduire à devenir meilleur. » À ce moment, Socrate intervient pour lui venir en aide. « Dis-moi, Euthydème, estu jamais allé à Delphes? — Deux fois, par Jupiter. — As-tu remarqué cette inscription qui est sur le temple : connaïis-tot toi-même? — Oui, certes. » Il montre alors au « bel Euthydème » que ce précepte est tout à la fois lé commencement, le milieu et la fin de la sagesse; et il s’en tient là. Du juste et de l’injuste, il n’est plus question. Le disciple pourra voir par lui-même; et, s’il le fait, il y trouvera double profit : la définition cherchée et un surplus de vigueur intellectuelle!.
Socrate, en maintes circonstances, se montrait encore plus réservé : il ne dépassait point les limites de la réfutation. Il prenait son homme à partie, l’interrogeait adroïitement jusqu’à ce qu'il l'eût complètement vidé et vous le laissait là sous le poids de la confusion que lui valait la révélation de son faux savoir. C’est ce que lui reproche Hippias dans le dialogue qui vient d’être cité ?. C'est ce dont Thrasymaqüe se plaint à diverses reprises dans La République, pendant qu'on le sollicite à exprimer son sentiment sur la Justice. « Ah! Par Hercule,