bid., IV
s'écrie-t-il, voilà bien l'ironie habituelie de Socrate. Ne le disais-je pas tout à l'heure, que tu ne voudrais pas répondre, que tu ne manquerais pas de plaisanter et que l’on ne pourrait jamaist’arracher une solution quelconque!. » Et il ajoute un peu plus loin : « C'ést bien, j'entends. Mais Socrate va reprendre sa manœuvre accoutumée ; il va se dispenser de -répondre; et, quand on aura répondu, il reprendra. et réfutera tout ce que l'on aura dit?... Car c’est là son grand secret : 1l ne veut rien enseigner, et il va de tous côtés apprenant des autres, sans en savoir jamais aucun gré 3, » « Socrate, dit Alcibiade, tu méprises tous les biens de la vie (richesses etamour), et nous ne comptons pour rien dans ton . estime ; tu passes ton existence à te moquer, à te jouer des hommesi. » « Bon! Socrate, lui répond Chariclès dans les Mémorables. Mais n'empêche que tu as la manie d'interroger sans relâche sur ce que tu sais 5. »
Socrate ne terminait pas toujours les accouchements qu'il entreprenait ; et l’un des plus beaux modèles de ce genre d'opérations inachevées, c’est le Théétète. «.… Eh bien, Théétète, la science n’est donc ni la sensation, ni l'opinion vraie, ni cette même opinion une fois expliquée. — Il paraît que non. — Sommes-nous donc encore pleins, ressentons-nous encore les douleurs de l’enfantement relativement à la science? Ou avons-nous mis au