‹ SocrateChapitre 87 sur 201 · Ibid., III · texte numérisé non relu

Ibid., III

sorte, toutes les fois qu'il s'agissait de personnes qu’il avait déjà matées, dont il avait eu l’occasion de détruire les théories dans des rencontres antérieures, et aussi lorsqu'ilétait question d’intelligencesnaïves, quin’avaient pas assez de culture pour déraisonner. Car, dans le premier cas, 1l était inutile de continuer l'attaque; et, dans le second, il n'y avait pas de raison de la commencer. Tout travail de déblaiement devenait superflu; la place était nette et 1l ne s'agissait que d’édifier. Les simples étaient mieux préparés que les autres à se tourner aux premières clartés du vrai savoir. « Dans les recherches que je fis pour obéir au Dieu, ceux qui avaient le plus de renommée me parurent les plus insuffisants ; je trouvai, au contraire, que ceux dont on ne tenait aucun compte étaient beaucoup plus près de la sagesse 1. »

Pourquoi Socrate donnait-il à ses investigations la forme interrogative ? On peut faire à cette question deux réponses principales. En premier lieu, les Athéniens vivaient d'instincts, de traditions et de sophistique. Sous cette triple influence s'était formée dans les âmes une couche profonde d'idées irrationnelles ou irrationnellement agglutinées. C'est de ces sédiments d’erreur qu’il fallait purifier les âmes : 1l importait avant tout de balayer le temple de la sagesse. Or les livres ou les longs discours ne suffisaient point à pareille tâche : ils ne pouvaient être ni assez variés pour correspondre à tous les états de conscience, ni assez pressants pour emporter

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