‹ SocrateChapitre 89 sur 201 · Ibid., IV · texte numérisé non relu

Ibid., IV

moyen de convaincre ses auditeurs était de commencer par l’admettre. « Homère, disait-il, a appelé Ulysse un orateur sûr de sa cause, parce qu'il savait déduire ses raisons des idées reçues chez tous les hommes !. »

La définition vulgaire, celle du sens commun, une fois établie, Socrate cherchait avec soin les différents cas où elle se trouvait réalisée. C’est alors qu’il parlait de forgerons, de corroyeurs, de charpentiers, de bouviers?; c'est alors que ses instincts de boutiquier se réveillaient etse donnaient libre carrière, au grand étonnement de ses disciples, jeunes gens riches et raffinés, qui ne comprenalent rien à pareïlles bizarreries. Maïs il fallait, disait-il, commencer par les petits mystères avant d'en venir aux grands. De cette sorte d'enquête expérimentale résultait une série d’approximations croissantes, quitendaient tantôt à préciser, tantôt à compléter l’idée plus ou moins confuse d’où l’on était parti. A ce point de vue, on peut dire que la méthode de Socrate a quelque analogie avec celle que l’on emploie dans les sciences physiques et biologiques. Sans doute, il n’observait pas les faits en eux-mêmes, au moins d’ordinaire; 1l les voyait surtout à travers les discours des hommes. Il ne les mettait pas non plus à la torture, pour en mieux discerner et la nature et les rapports. Mais il les cherchait déjà et les comparait entre eux

Page 1