‹ SocrateChapitre 90 sur 201 · bid., I, 2, 37; — PLar., Banquet, VII, xxxvui · texte numérisé non relu

bid., I, 2, 37; — PLar., Banquet, VII, xxxvui

3. PLaT., Gorg., III, Lu, 69: LI, 69 ("AAX &ei toroütos Éott Zwxpatns, D Popytd” opixpa ai dktyou dErx dvepotd ra éte)éyye).

pour en tirer peu à peu, et comme par degrés, des notions à la fois plus compréhensives et plus exactes. Recourons aux textes pour mettre cette interprétation dans tout son jour. Au quatrième livre des Mémorables, Socrate cherche quelle peut être la nature de la justice; et il débute par cette définition vulgaire, que lui donne Euthydème : la justice consiste à ne pas mentir, à ne pas tromper, à ne pas nuire aux autres, à ne pas réduire ses semblables en esclavage. Puis 1l reprend cette définition et lui fait subir, à la lumière de l'expérience, deux élaborations successives, dont chacune concourt à la tirer de son vague, à lui donner un surplus de rigueur. Il montre d'abord qu'il y a des cas où il est permis de mentir, et de tromper, et de causer du dommage, et de faire des esclaves. Un général, par exemple, ne commet rien d'illégitime, lorsqu'il ment au cours de la guerre et réussit à tromper une nation injuste et ennemie, lorsqu'il dévaste son territoire et démolit ses fortifications, lorsqu'il est assezheureux pour la réduire en servitude. Il faut donc retoucher la définition que l’on a choisie comme point de départ; car elle est trop large : ce sont les amis seulement auxquels il est injuste d’infliger les traitements dont parle Euthydème. Et cette retouche elle-même ne suffit pas; elle en requiert une autre. C’est ce que Socrate met en relief, à l’aide du mème procédé, c'està-dire en réunissant de nouveaux faits. « Quoi donc? ditil, si un général, qui voit son armée dans le découragement, lui fait accroire que des alliés approchent et que par ce mensonge il donne du cœur à ses soldats, de quel

côté placerons-nous cette tromperie? — Du côté de la Justice, me semble-t-il. — Je suppose un enfant qui a besoin d’un remède et qui refuse de le prendre; son père lui persuade que ce remède est un aliment et par cette ruse lui rend la santé : de quel côté mettrons-nous cette autre tromperie? — Avec la première, à mon sens. — Et maintenant, si l’on voit un ami dans le désespoir, et que, dans la crainte qu'il n’attente à ses jours, on lui vole ou arrache son épée ou quelque autre arme, de quel côté placer cette action ? — encore du côté de la justice, par Jupiter !. » On peut donc, en certaines circonstances, ruser avec ses amis, les voler et même leur faire violence. Mais alors, quelle est donc la vraie définition de la justice? Cette définition, Socrate ne l'a pas donnée d’une manière formelle. Mais son argumentation y conduit à travers les deux stades qu'elle comprend. Est juste celui qui ne touche jamais aux droits de ses amis sans une raison légitime. | Le dialogue que l’on vient de voir montre comment Socrate précisait les notions communes; et l'entretien qu'ileutavecle peintre Parrhasius nousapprend comment il les complétait. Il convient d’abord avec l'artiste que la peinture est la représentation de ce que l’on voit, qu’elle imite avec des couleurs les enfoncements et les saïllies, le clair et l'obscur, la mollesse et la dureté, le poli et la rudesse, la fraicheur et la décrépitude. Puis il passe d'une manière inattendue à une idée d’un ordre tout différent :

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