Er
d'Epharmoste d'Oponte, contient aussi une pensée de même nature. Le poète se met à raconter le combat d'Hercule contre Neptune, Apollon et Pluton; puis, tout à coup, il interrompt son récit par cette remarque inattendue : « Mais laissons en dehors des immortels la guerre et tout combat, » c’est-à-dire n’exposons pas les vices et les faiblesses des dieux, ne les représentons pas déchirés par la discorde; il ne peut y avoir de guerre civile dans l'Olympe.
Pindare se révolte déjà contre le passé et le présent, et c’est de l'avenir qu'il attend la condamnation des erreurs en vogue : 1l est en passe de rompre avec les rêves mythologiques. Euripide fait un pas de plus: avec lui, la rupture est complète. Les dieux, dans son théâtre, ne sont plus que des expédients tout trouvés et des cadres où se meuvent les passions humaines. Il ne se résigne pas à adorer des êtres qui se sont souillés de honteuses actions ?. La divinité, pour lui, n’est rien de ce qu'ont chanté les vieux poètes. Elle existe par elle-même, elle est éternelle, elle est immense et il n'y a pas de « maison bâtie de main d'homme qui la puisse enfermer dans l’enceinte de ses murailles » 3. Elle est invisible et comme revêtue des rayons de la lumière et des voiles de la nuit, « tandis qu’autour d'elle court éternellement le chœur innombrable des astres »#; mais, du fond de son mystère