‹ SocrateChapitre 97 sur 201 · Ibid., IIL · texte numérisé non relu

Ibid., IIL

de ce genre sont véritablement désirables; car elles « nous sont tantôt utiles et tantôt nuisibles ». On peut poser une question analogue même au sujet de la sagesse!. Car supposé que quelqu'un ait en partage toute l'intelligence et toute la mémoire que l’on peut avoir, mais qu'il n’en ressente aucune jouissance, ni grande, ni petite, quel profit trouverait-il à pareil état moral? Pourquoi lui semblerait-il digne d'envie ? C’est un problème aussi de savoir en quoi consiste le bonheur*. Mais que le bonheur lui-même soit réellement désirable, personne ne songe à le révoquer en doute. Et personne non plus ne conteste qu'il nous apparaisse comme la dernière limite, où vient s'arrêter l'élan de chacun de nos désirs. Nous voulons être heureux, nous ne voulons que cela, nous voulons tout pour cela. « Eh bien. Socrate, demande Diotime dans le Banquet de Platon, celui qui aime ce qui est bon, que veut-il? — Il veut se Fapproprier. — Et s'il se l'approprie, que lui adviendra-t-1l? — Cette fois, reprend Socrate, la réponse me parait plus facile : il deviendra heureux. — Bien, réplique la Mantinéenne, c'est par la possession des bonnes choses que les heureux sont heureux. Et il n’est plus besoin de demander en outre pourquoi celui qui veut être heureux veut l'être. Ta réponse me paraît clore la question. — C’est vrai, Diotimeÿ. »

. 1. XENoPH., Mém., IV, 2, 31-33.

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