Ibid, IV
3. VII, xxiv, 241-242. Platon, à cet endroit du dialogue, n'a pas en-
core dépassé la théorie de Socrate : il y parle du « bien et du beau » comme se réduisant à « l'utile ». C’est plus loin seulement qu'il continue
Le bonheur, d’après Socrate, est le but suprême de la vie; et, sur ce point fondamental, il s'accorde avec tous les philosophes de l'antiquité, même avec les Stoïciens. Mais qu'entend-il par bonheur? Est-ce le plaisir? Nullement, et personne n’a combattu plus fortement que lui contre cette sorte d'identification sacrilège qu’'Aristippe essayait déjà de faire à ses côtés!. Le mot elBarpovia et le mot #ÿvr désignent, pour Socrate, deux choses très distinctes et souvent opposées l’une à l’autre. Le plaisir nous laisse toujours indigents et par là mème inquiets. À peine l’avons-nous cueilli, que nous voulons autre chose : 1l nous affame bien plus qu'il ne nous alimente. Le bonheur emplit l'âme et fait que nous ne désirons plus rien au delà de lui-même : c’est comme la rive où vient mourir tout le tumulte de nos émotions. Le plaisir tend à la douleur en vertude sa fougue naturelle ; il dégénère en dégot; il traine à sa suite tout un cortège de maux qu'il nous empêche de prévoir?. Le bonheur est toujours pur; et, parce qu’il a pour règle la raison, il ne détruit ni en nous, ni dans les autres, l’équilibre de la vie dont 1l est l’effet. Le bonheur est un contentement durable, qui, sorti du fond de l’entendement, envahit notre être tout entier, en pourchasse tous les états contraires, ou du moins les ramène à de telles pro-
la théorie de son maître par la sienne. D'ailleurs, Platon a du bonheur, considéré comme but unique de la vie morale, la même idée que Socrate. On peut en juger par le Philèbe (III, x, 142; x-xr1, 143).