‹ SocrateChapitre 99 sur 201 · XENOPH., Mem., Ii · texte numérisé non relu

XENOPH., Mem., Ii

2. XENOPH., (ŒC. I, 20 (Aünar äpx Hdovais…. mepineneupévat) ; I, 19 fin; Mem., Il, 1, 4.

portions qu'ils ne comptent plus pour rien. Au seuil du bonheur s’arrête l'influence troublante des deuils, des gémissements et des larmes. C'est en Dieu qu'il en faut chercher l'idéal 1.

Du moment que le bonheur n’est plus une synthèse mobile de plaisirs bruts; du moment qu’il passe aux ordres de l'intelligence dont le propre est de tout voir sous la forme de l’universel, il se révèle à l'individu non seulement comme son but à lui, mais encore comme celui des autres. Il s'élève à la hauteur d’un concept et prend une valeur en soi, qui est identique pour tous les hommes. De plus, et par là mème, cette valeur se gradue d’après l'importance numérique des groupes naturels qui se forment pour le chercher de concert. Le bonheur de la famille est plus désirable que celui de l'individu, considéré comme tel; et le bonheur de la société plus désirable que celui de la famille. Car le bonheur de toute collectivité est une somme de bonheurs; et une somme est d'autant supérieure à chacune de ses unités, que ces unités sont plus nombreuses. Et de Ïà découle une définition plus précise du but vers lequel doivent tendre nos désirs : ce qu'il faut chercher avant tout, ce qui constitue la fin dominante de l'être qui raisonne, ce n'est point le bonheur de l'agent; c’est celui de l'ensemble. Le bonheur de l'agent ne vient qu’en seconde ligne et. dans la mesure fixée par les exigences de l’intérêt général.

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