ILLUSIONS DU CŒUB. — INCONSTANCE ET FIDELITE
La chaise de poste qui emmenait Frédéric à Paris allait comme le vent. Le comte de Montreville voulait se hâter d'arracher son fils à ses souvenirs , et paraissait impatient d'arriver.
La route se faisait assez silencieusement : Frédéric ne pensait qu'à sœur Anne ; son père rêvait au moyen de rendre son fils raisonnable, et Ménard songeait à tous les mensonges que lui avait débités le faux baron polonais.
Cependant le comte n'adresse plus un seul reproche à Frédéric , il parait avoir oublié tous ses sujets de mécontentement ; et Ménard , qui craint toujours les regards sévères de M. de Montreville, parce qu'il sent bien que sa conduite n'a pas été exemplaire , commence à respirer plus librement et à se permettre de lever le nez.
On arrive à Paris. Avant que M. Ménard ne preune congé du comte , Frédéric trouve l'occasion de lui parler en particulier, et lui demande des nouvelles de Dubourg. Ménard garde un moment le silence. Il se pince les lèvres comme quelqu'un qui ne sait pas s'il doit se fâcher ; enfin il répond d'un air qu'il veut rendre malin : « C'est « de M. le baron Potoski que vous désirez avoir des nou- « velles? — Du baron , de Dubourg, nommez-le comme «vous voudrez.., — Ma foi, monsieur, je pourrais le