LE MABIAGE SE FAIT
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Frédéric ne passe plus un jour sans voir Constance ; depuis que les deux amants se sont avoué réciproquement leur amour, à chaque instant ce sentiment semble augmenter encore. Mademoiselle de Valmont aime avec cet abandon d'un cœur qui ne cherche plus à cacher ce qu'il éprouve. Elle est fière de l'amour qu'elle inspire à Frédéric, et met tout son bonheur à le partager.
Frédéric , plus ardent , plus impétueux , cède au sentiment qui l'entraîne ; mais en aimant , il ne doit pas être aussi heureux ; il a besoin de s'étourdir... de repousser des souvenirs qui troublent son bonheur : semblable à ces gens qui ne regardent plus en arrière, de crainte d'y trouver des sujets d'effroi , Frédéric chasse les pensées qui le reportent à une époque encore récente. Il veut ne s'occuper que de Constance ; il sent bien que désormais elle doit l'emporter sur toute autre : à quoi donc serviraient quelques soupirs qui ne consoleront pas celle qu'il abandonne ? On se dit cela , mais malgré soi , dans le sein du bonheur même, il existe au fond de l'âme quelque chose qui nous reproche le mal que nous avons fait... à moins cependant que nous n'ayons pas d'âme , et il y a beaucoup de gens chez lesquels on en chercherait en vain.
Le comte de M ontreville est absent depuis quinze jours. Frédéric ignore le but du voyage de son père ; il le soupçonne cependant, mais il n'a plus envie de profiter de