‹ Soeur Anne (volume 3)Chapitre 12 sur 38 · B1IB · texte numérisé non relu

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ne dit rien , mais il regarde Constance, qui , tout en remerciant le comte, a jeté sur lui un regard furlif, comme pour s'assurer s'il passait de même.

Âpres le diner , deux voisins viennent chez le général. L'un est un grand joueur de billard qui ne dormirait point s'il n avait pas fSeût sa partie ; l'autre , un peu plus jeune et qui a servi, n'épargne pas non plus ses récits de campagnes qu'il entremêle de galanteries et de complimens à mademoiselle de Yalmont.

Frédéric laisse ces messieurs jouer au billard pour rester auprès de GMistance et l'entendre chanter ou toucher du piano, c Ne vous gênez » pas pour me tenir compagnie, lui dit-elle;

• songez que nous ne sommes pas à Paris. —

• A moins cpie cela ne vous déplaise, répond » Frédéric, je préfère rester auprès de vous. »

Constance sourit , et il est facile de vmr que cela ne lui déplaît pas.

A la campagne , et surtout chez le général, règne la plus aimable liberté. Dans la journée chacun se livre à ce qui lui plaît; souvent le comte et son ami vont faire des promenades

dans les enyirons. Frédéric reste avec C!onstance : c'est dans le jardin qu'ils passent ensemble une partie des journées. <t D fout pro- » fiter des derniers beaux jours, dit Constance^ » rhiver arrive et je viens dire adieu à mes ar- » bres, à mes fleurs, à mes oiseaux. Mais je » les reverrai ; cet adieu n'est pas étarnel. — » Vous ne retournerez dcmcpas habiter la terre » de votre onde? — Oh ! non : cette maison )) me plaît davantage; il Fa achetée pour moi, )) et il me permettra d'y passer sept mois de » l'année. L'hiver, nous reviendrons à Paris. )) Mon oncle est si bon! Il fait tout ce que je » veux, car il m'aime tant ! . . . — Et qui pourrait > ne pas vous... »

Frédéric n'achève pas; il s'arrête, comme &ché de ce qu'il allait dire , et Constance surprise , baisse les yeux et se tait ; mais elle commence à s'accoutumer aux bizarreries du jeune homme. Parfois, lorsqu'il reste long-temps auprès d'elle sans rien dire, et qu'il parait triste et chagrin , elle est tentée de lui demander ce qui l'afflige, mais elle n'ose; elle se tait et soupire aussi, sans savoir pourquoi. La m^anco-

lie est un mal qiii se gagne entre deux jeunes gens de sexe différent. Souvent ces heures de silence sont plus dangereuses qu'une conversalion dont la galanterie ferait les frais.

Cependant , chaque jour une intimité plus tendre s'établit entre Frédéric et Constance : à peine huit jours se sont écoulés , et il ne règne plus entre eux cette réserve, ce ton de galanterie et de société qui n'est jamais le ton de Tamitié ni de l'atnour. Le comte parle de retour^ ner à Paris, et Frédéric s'étonne de n'y avoir pas songé : ces huit jours ont passé si vite... En y réfléchissant, il est presque fâché contre lui; il a des remords d'avoir eu du plaisir... Mais les remords ne viennent jamais qu'après. Puis il se dit : cNon, je n'ai point oubl iésœur Anne. . . • C'est toujours elle que je vois dans Con— » tance... C'est à elle que je pense en regar*- » dant les traits si doux de mademoiselle de 1 Yalmont; c^est prés d'elle que je crois être , » lorsqu'assis près de Constance, j'éplt)ave une )) émotion délicieuse. »

Et c'est probablement en songeant encore à sœur Anne, que, la veille du jour oh û dmt

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retouraer à Paris avec son père , Frédéric , assis dans le jardin près de Constance, a pris sa main et Ta tenu;a long-temps dans les siennes. Cette main , Constance ne 1^ retire pas... Elle baisse les yeux; elle parait viTcment émue.

Frédéric garck le silence, mais il presse sa main Hen tendrement ; et , sans y penser peut-être, l'aimable fille lui rend ce signe de tendresse.

Le jeune homme éprouve alors un trouble nouveau : il abandonne la main qu'il tenait... Il s'éloigne vivement de Constance qui lève la tête, et voyant son agitation, lui sourit avec ce charme qui retient, qui entraine; puis lui dit : c Vous parlez donc demain ! i

Frédéric se rapproche et balbutie : c II le

» faut. . J'auraisdûparlirplus tôt, peut-être

» Etcependant Ah! oui, c'est elle... C'est

y> toujours, elle que je vpis,.. Je ^udrais.fans > c^eresterauprès devons... J'ysuissibiein!.. li Ah ! pardonnez ,; fiademoiselle. . , ^e ne sais », oùj'ep si^s.«, 9 \

Constance ne comprend pas trop ce discourslà, mais les aman^ m savent pas toujours ce qu'ik disent ou le disent souvent fort mal , et

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