AMNE. 1S
sa compagne, elle contemple les traits vénérables de celle qui a pris soin de son enfance... de sa seule amie, qui vient aussi de lui être enlevée!... Marguerite semble dormir ^ lasénérité de sa figure annonce celle de son ame à ses derniers momens. Sœur Anne, placée devant ce lit sur lequel elle appuie une de ses mains , ne peut se lasser de regarder sa mère adoptive... Sa douleur est calme , mais elle n'en est pas moins profonde; ses yeux ne trouvent plus de larmes, mais leur expression n'en est que plus déchirante ! . . .
Sœur Anne a passé une partie de la journée devant les restes inanimés de la bonne femme; ce n'est pas sans peine qu'elle parvient à s'en éloigner; mais elle sait qu'il faut rendre à Marguerite les derniers devoirs , la conduire à son dernier asile, et seule, sans secours, la jeune fille en serait incapable. Il faut donc qu'elle aille au village où elle n'a point paru depuis bien long-temps.
Elle quitte sa chaumière, elle sort du bois et se rend à Yizille. Sur son passage elle salue , comme à son ordinaire, les villageoises qu'elle