SOIUR
» la raison. Allons, Christine, fais-la rentrer )) dans l'autre chambre , il est temps qu elle > aille se reposer. »
Christine pousse rudement la petite muette pour la faire aller dans la seconde pièce. Ce n'est qu'à regret que sœur Anne se décide à s'éloigner... elle ne Toudrait pas perdre de vue ce voyageur auquel elle porte le plus vif intérêt, mais il faut obéir. Elle marche lentement vers l'autre pièce en regardant toujours l'étranger, qui semble ému de son attention à le considérer, et la suit des yeux jusqu'à ce que la porte de la chambre du fond se referme sur elle.
Christine est entrée avec sœur Anne dans la seconde chambré ; elle regarde à la croisée , et semble inquiète de ne point voir revenir les voleurs. La jeune muette s'est jetée sur la couchette , non pour chercher le repos , mais pour rêver au moyen de sauver Tétranger en l'avertissant du danger qu'il court s'il reste dans la cabane. Mais comment pourra-t-elle s'approcher et se faire comprendre?... Dans ce moment Leroux vient aussi dans la diambre dont
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il ferme la porte sur lui avec précaution, puis il s'approche de Christine, et, grâcfe à l'idée qu'ils ont. que so&ur Anne ne peut les entendre, celle--ci est bientôt au fait de leurs prpjets.
cEh bien! tu ne les entends pas venir, dit )) Leroux. — Non , je n'entends rien... — C'est » bien singulier, depuis le temps que cet homme » est arrivé , que peuvent-ils faire encore dans » la forêt? Je ne suis pas tranquille... ce voya- » geuraparlé de chevaux , de maréchaussée. ..
» si nos amis étaient arrêtés... — Diable !
» nous auraient-ils vendus?... — Ecoute, )) quand cet étranger aura soupe et dormira , » je sortirai pour tâcher de savoir des nouvelles. )) Si les camarades sont dans la foret , je sais » où je les trouTerai. S'ils sont pris ou partis , » nous profiterons du sommeil de l'étranger » pour nous en défaire , et, avec ce qu'il a sur » lui, nous ne ferons pas mal de nous mettre » aussi à l'abri du danger en quittant la forêt. » — C'est bien pensé; fais souper cet homme , )) qu'il s'endorme , puis à ton retour nous agi- » roy^s... en attendant, je vais me jeter sur le » Ut et me reposer un peu« -— Oui , oui , sois
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)) tranquille , je t'éyeillerài quand j'aurai b&- • soin de toi. »
Leroux va rejoindre le yoyageur , et la hi-* deuse Christine se jette sur la couchette à côté de sœur Anne. Il faut que celle-ci sente auprès d'elle cette femme qui calcule un meur* tre aTOC la froideur la plus révoltante; mais la pauvre petite ne bouge pas, e^Ie a entendu toute la conversation de ces monstres , elle n'a pas perdu un mot de leurs projets et elle es-^ père encore sauver Tétranger : une seule pensée lagite, c'est la crainte que les trois autres voleurs ne reviennent , ciar alcurs tout serait perdu, il faudrait voir périr le malheureux voyageur ou mourir avec lui
A peine Christine est-elle sur le lit, qu'un ronflement prolongé annonce son sommeil.
Sœur Anne se lève alors doueemeat, s éloigne de la couchette et va af^liquer ses yeux contre une fente de la cloison par où elle peut voir dans Tautre pièce.
L'étranger soupe tranquillement , Leroux tâcke de lui tenir conopagnie ; mais à chaque instant , il écoute av^ inquiétude s il n'en-^