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» toutesces folies... révénement est fort sérieux, » il s'agil du bonheur , du repos de Frédéric et » de sa femme... — Je gage que ce n'est pas » vrai , il vient encore me faire un conte pour » m'attraper, mais no7i me ludit amabilis » insania!.,. — Vouléz-vous m écouter, M. Mé- » nard ! morbleu ! comment un homme de votre )) âge n'a-t-il pas su prévenir un tel événement? » — Qu'est-ce à dire, mon âge... M. Dubourg, )) je vous prie de vous expliquer. — Quoi! vous » laissez madame de Montreville recevoir, loger )) chezelle. . . — Qui donc? — Eh morbleu ! celle » pour qui Frédéric a fait mille folies , celle » qui lui avait tourné la tête, près de laquelle )) il a vécu six semaines dans un bois.... cette » jeune fille qu'il adorait. . . qu'il aime peut-être » encore !... car le cœur de l'homme est indé- » finissable ! . . . enfin sœur Anne, la petite )) muette du bois, la jeune fille de Vizille, c'est )) elle que madame de Montreville loge dans » sa maison. — Ah ! mon Dieu ! . . . que ra'appre- )) nez-vous là? — Gomment, vous ne Taviez » pas reconnue! — Reconnue!... unefenmie » que j'avais aperçue une seule minute et de
)> loin... Je ne regarde pas les jeunes filles » comtne vous, Monsieur, et pouvais-je me » douter... savais-je qu'elle était muette? me » Fayait-on dit? mais on ne me dit rien, et » puis on veut que je devine!... que je sache!... » Ces jeunes gens sont inconcevables! pensez- » vous que je saurais le latin si on ne me Fa- » vaitpas montré? — Eh bien, vous le savez » maintenant... — Parbleu! on m'a assez battu » pour cela !... Dieu ! que de coups de règles » ^QxxxYEpitomey et combien de jyew*w»^ pour ^ les Fables de Phèdre ! . . . — Par grâce, M . Mé- )) nard , c'est de sœur Anne que je vous parle, » c'est elle qui est ici, près de la femme de Fré- » déric... — J'entends bien ! j'entends très- » bien!... — Quand Frédéric reviendra, elle le )> verra... son trouble, les larmes, les caresses » de cette jeune fille découvriront la vérité... )) songei-vous alors à ce qu'éprouvera madame » de Monlre\ ille , en voyant un époux qu'elle )) adore et qu'elle croit un modèle de fidélité, )) en le voyant retrouver dans sa maison une » maîtresse, un enfant... un enËint surtout!... » — Oui, oui, je songea tout cela ! — Eh bien.
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)) parlez... que faut-il faire?... — Je n'eu sais » rien ! — Il est impossible de laisser sœu r Anne )) habiter sous le même toit que Frédéric... — » Sans doute... c'est fort embarrassant ! mais B elle était si malheureuse!... — Pensez-vous » que je veuille l'abandonner! Ah ! je n'ai que )) seize cents livres de rentes, mais je les lui » donnerais de bon cœur pour que sa présence » ne troublât point le repos des deux jeunes » époux. Oui, je travaillerai s'il le faut, ou je » passerai chez Frédéric mes trimestres entiers; » mais cette jeune femme et son enfant seront » à labri du besoin . — C'est très-bien, mon cher » Dubourg, et si je possédais quelque chose... » mais je n'ai que mes vieux classiques qui ne )) lui seraient d'aucune utilité puisqu'elle ne » sait pas lire. — Mais comment parvenir main- » tenant à faire quitter cette maison à sœur » Anne... — Voilà ce qui sera fort difficile : » madame de Montrerille aime déjà beaucoup » la jeune muette; elle est surtout folle de son )) enfant... elle trouve qu'il ressemble à mon )) élève. . . eh ! mais , au fait , je conçois d'où » vient cette ressemblance... — Je nesais qu'in-
» venler!... qu'imaginer!... Quand revient Frédéric ?. . . — Dans huit jourj^; nous avons le » temps!... — Le temps!... ah! ces huit jours
» seront bien vite écoulés et s'il trouve sœur
)) Anne ici!... — U me semble pourtant que » nous pourrions défendre à la petite de par- » 1er. — Eh ! je sais bien qu'elle ne parlera pas, )) mai$ ses gestes , Fexpression de ses traits en )) diront assez. — Eh bien je vous jure que très- » souvent je n'y comprends rien du tout. »
Dubourg met son esprit à la torture pour trouver le moyen d'éloigner sœur Aime et son fils; M. Ménard reste les yeux fixés sur sa tabatière , et fait semblant de chercher aussi, quoiqu'il ne songe alors qu'à un pâté de lièvre arrivé la veille de Paris , et qu'on doit entamer au diner.
Constance revient avec la jeune muette et son enfant ; les traits de sœur Anne annoncent la douleur, mais elle est plus calme, plus résigoée; en reiK)yant Dubourg elle sourit tristement, et lui présente son fils qu'il regarde avec intérêt, effrayé de la ressemblance qu'il remarque déjà entre ses traits et ceux de son père.
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« Ne le trouvez.- vous pas charmant? dil Cou— )) 8tance. — Oui, Madame, » répond Dubourg en embrassant lenCauit, « je le trouve fort gen* 9 til. — Resserable-t-il à son père?... — Bean- D coup . — Et vous ne trouvez pas qu'il a dans le 9 regard quelque chase de mon mari. — Oh!
» pas du tout !.. — C'est singulier , cela m'avait » frappée. Il se nomme Frédéric aussi, ce cher » petit; je crois que je l'en aime davantage. »
Constance prend l'enfant dans ses bras; sœur Anne la regarde avec attendriâsement, et Dubourg détourne les yeux pour cacher les sensations que ce tableau lui fait éprouver.
Pendant le reste de la journée, Dubourg se creuse la tête pour savoir comment il pourra faire sortir sœur Anne de chez madame de Montreville, mais il ne peut s'arrêter à aucun projet. Comment emmener la jeune femme loin d'une demeure où on lui prodigue les soins les plus touchans, où son fils est comblé de caresses? Sœur Anne, bien loin d'y consentir, ne verrait dans ce dessein qu'une aflteuse ingratitude^ et son cœur aimant et reconnaissant est incapable d'en concevoir la pensée. Lui ap-