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» battre contre une bête féroce, et certes, il iaut » que M. Lalouche soit bien courageux pour » avoir osé tirer sur moi. »
Ce discours adroit flatte tout le monde. Latouche reprend sa belle humeur, et dit aux villageois : c Cet étranger 8ex[)rime fort bien, » c'est à coup sûr un savant. » Dans la dispoâtîon où il avait mis les esprits , il ne tenait qu'à Bubourg de se donner encore pour un baron; mais, deptiis sa rencèntre chezM. Chambertin, il ne se soude plus de &ire le seigneur: et quand le maire lui demande d'où il vient dans un costume aussi singulier, il forge à l'instant une histoire de voleturs qui Tout atta^ que, plUé , ont étouffé ses cris avec cette perruque, et l'avaient enveloppé dans le manteau, probablement pour l'emporter dans leur ca*« verne, lorsqu'un bruit de chevaux les ayant effrayés, ils se sont sauvés, et Font laissé ainsi au milieu des champs.
Ce récit intéresse vivement les villageois en fieiveur de Dubourg , qu'ils trouvent fort aima- Me depuis qu'ils n'en ont plus peur. Le maire dresse ua procès-vwbal , et Latouche s'écrie :
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)) n y a long-temps que je dis qu'il y a des yo- » leurs dans les environs !... on m'a Tolé deux » poules il y a huit jours , et cela ne s'est pas » fait tout seul. Il faut faire une battue gêné- » raie , mes enfans; je me mettrai à votre tête, > et TOUS savez comme je sais faire mes dis- )) positions. Nous la commencerons immédia-^ » tement après celle que feront les gendarmes, )) d'après le procès-verbal de M. le maire. »
En attendant la battue générale , on s'occupe de Dubourg qui doit avoir besoin de se restaurer. C'est à qui le logera , le nourrira et le traitera ; chaque villageois lui ofire de bon cœur une veste pour remplacer son manteau, et sa maison pour s'y reposer quelcpies jours. Dubonrg donne la préférence à Bertrand, parce qu'il n'a pas oublié certaines choses qui lui ont donné dans l'œil lorqu'il a aidé Claudine à se relever.La femme de Bertrand paraît trés-flattée de cet honneur ; elle fiait la révérence à l'étranger, et en lui faisant la révérence, elle sourit , et ce sourire disait bien des choses. Après tout ce que Dubourg avait étéà mèmede voir,a était très-glorieux del'emportersurses voisines.
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Le maire, comme chef de l'endroit^ a la- Tantage d'offrir une bonne grosse Yeste de laine en remplacement de l'habit que les voleurs ont pris à Dubourg. En récompense il s'adjuge le &meax manteau , dont il compte se faire une couverture pour Thiver ; et M. Latouche obtient la perruque , qu'il a bien méritée pour la conduire qu'il a tenue dans celte affsdre.
Chacun est retourné à ses travaux , les uns regagnent leurs .champs , les autres leurs chaumières. Bertrand, qui a un grand carré de terrain à labourer , va à son ouvrage , en recommandant à sa femme d*avoir bien soin du monsieur, en attendant son retour. Claudine le promet et elle tient parole. La villageoise est active^ obligeante , elle a fort à cœur de prouver à Tétianger qu'il a bien fait de lui donner la préférence^, et elle n'épargne rien pour qu'il soit content ; de son côté, Dubourg veut effacer l'impression terrible que son apparition a faite ' dans le village , et nous savons que Dubourg a un grand talent pour se faire bien venir des dames ; aussi , lorsque le soir Bertrand revient des champs , sa femme court au-devant de lui en